Vous achetez une propriété au Québec ? Il y a une facture que bien des premiers acheteurs oublient de mettre dans leur budget : la fameuse taxe de bienvenue. Son vrai nom, c’est les droits de mutation immobilière, et c’est une taxe que paie chaque acheteur à sa municipalité. Ce calculateur vous donne une estimation de ce que vous devrez débourser — y compris avec les taux plus élevés de Montréal.
Et tout de suite, démolissons un mythe : la taxe de bienvenue n’a rien à voir avec un quelconque accueil. Elle porte le nom de Jean Bienvenue, le ministre qui l’a instaurée dans les années 1970. C’est donc un clin d’œil à un nom de famille, pas un cadeau de bienvenue. Voyons ça en langage clair.
Estimations seulement. Les taux indiqués sont à jour en juin 2026. Le montant exact dépend de votre prix, de votre municipalité et de l’évaluation de votre propriété — confirmez toujours le montant final avec votre municipalité ou votre notaire avant de vous engager.
Qu’est-ce que la taxe de bienvenue ?
Quand une propriété change de mains au Québec, la municipalité où elle se trouve perçoit des droits de mutation immobilière. Voyez ça comme le coût pour officialiser le transfert de propriété à votre nom. Tout le monde la paie — il n’y a pas d’échappatoire pour un achat ordinaire entre un acheteur et un vendeur.
La taxe est progressive, et c’est en fait une bonne nouvelle. Elle fonctionne comme les paliers d’impôt sur le revenu : chaque tranche du montant est taxée à son propre taux, et non le montant entier au taux le plus élevé. Dans les municipalités qui appliquent le barème de base du Québec, les taux pour 2026 sont :
- 0,5 % sur les premiers 62 900 $
- 1,0 % sur la tranche de 62 900 $ à 315 000 $
- 1,5 % sur la tranche qui dépasse 315 000 $
Ces seuils sont indexés chaque année selon l’indice des prix à la consommation du Québec, alors ils montent un peu d’une année à l’autre.
Un détail qui surprend bien du monde : la taxe ne se calcule pas forcément sur le prix que vous avez payé. Elle s’applique sur le plus élevé de trois montants — le prix de vente convenu, le montant inscrit dans l’acte notarié, ou la valeur de l’évaluation municipale multipliée par le facteur comparatif de l’année. La plupart du temps, c’est le prix d’achat qui l’emporte, mais pas toujours. Si l’évaluation municipale de la propriété est plus élevée que le prix payé, c’est elle qui sert de base.
Les taux de Montréal
Voici le morceau qui prend les acheteurs montréalais au dépourvu : Montréal a son propre barème, plus élevé que celui du reste du Québec.
Pour les premières tranches, Montréal suit le barème de base (0,5 %, puis 1,0 %). Mais à partir de 315 000 $, la ville ajoute ses propres paliers, qui grimpent bien plus haut. Pour 2026, après le 1,0 % jusqu’à 315 000 $, Montréal applique 1,5 % jusqu’à 552 300 $, puis 2,0 % jusqu’à 1 104 700 $, et la cadence continue de monter — 2,5 %, 3,5 %, et jusqu’à 4,0 % sur les propriétés de plus de 3 113 000 $.
Pour la majorité des acheteurs, ce qui change concrètement, c’est ce palier de 2,0 % entre 552 300 $ et un peu plus de 1 M$, là où le reste du Québec resterait à 1,5 %. Sur une propriété de prix moyen à Montréal, ça représente quelques centaines de dollars de plus que dans une ville au barème de base. Le calculateur applique automatiquement le bon barème selon que vous achetez à Montréal ou ailleurs — vous n’avez rien à mémoriser.
Bon à savoir : d’autres municipalités peuvent aussi ajouter un taux plus élevé au-delà de 500 000 $. La loi plafonne ce taux à 3 % (sauf pour Montréal, qui peut aller plus haut). Laval, par exemple, applique 3 % au-dessus de 500 000 $. Ce calculateur utilise le barème de base pour « le reste du Québec » — alors si votre ville a adopté un règlement particulier, vérifiez son barème.
Quand et comment payer
C’est ici que le Québec se distingue beaucoup de l’Ontario, et c’est crucial pour votre budget : vous ne payez pas la taxe de bienvenue à la signature chez le notaire.
Contrairement à votre mise de fonds et à vos frais de notaire, qui se règlent le jour de la transaction, les droits de mutation arrivent plus tard. La municipalité vous envoie une facture séparée, en général 3 à 6 mois après l’achat — parfois même un peu plus. Une fois la facture reçue, elle est payable en un seul versement, dans les 30 jours suivant son envoi.
Deux conséquences importantes :
- Elle ne peut pas être financée dans votre prêt hypothécaire. Il faut prévoir cet argent comptant, à part.
- Le délai est un piège classique. Beaucoup de nouveaux propriétaires, soulagés d’avoir passé à travers l’achat, dépensent leurs liquidités… puis reçoivent la facture quelques mois plus tard. Mettez la somme de côté dès l’achat et oubliez-la jusqu’à ce que l’enveloppe arrive.
Comment utiliser ce calculateur
Ça prend une trentaine de secondes :
- Entrez le prix d’achat de la propriété que vous envisagez.
- Indiquez si la propriété est à Montréal — c’est ce qui détermine quel barème s’applique.
Vous verrez aussitôt une estimation de votre taxe de bienvenue : le montant que votre municipalité vous facturera, calculé tranche par tranche. C’est la façon la plus simple de transformer « attends, combien ça va me coûter ? » en un chiffre concret autour duquel planifier — bien avant que la facture n’arrive dans votre boîte aux lettres.
Exemple — une propriété de 700 000 $ à Montréal
Rendons ça concret avec une propriété de 700 000 $ achetée à Montréal. Voici le calcul, tranche par tranche, selon le barème montréalais :
- 0,5 % × 62 900 $ = 314,50 $
- 1,0 % × 252 100 $ = 2 521 $
- 1,5 % × 237 300 $ = 3 559,50 $
- 2,0 % × 147 700 $ = 2 954 $
- Total : 9 349 $
C’est exactement le montant que publie la Ville de Montréal dans son propre exemple pour 2026.
Comparons maintenant la même propriété de 700 000 $ dans une municipalité au barème de base, ailleurs au Québec. Comme la tranche au-dessus de 315 000 $ y reste à 1,5 % (au lieu de passer à 2,0 % à partir de 552 300 $), la facture descend à environ 8 611 $. La différence — quelques centaines de dollars — vient entièrement de ce palier montréalais plus élevé. Une bonne illustration que l’endroit où vous achetez influence la facture autant que le prix lui-même.
Ce que ce calculateur n’inclut pas
Non couvert ici :
- Les surtaxes des autres municipalités. Des villes comme Laval peuvent appliquer un taux plus élevé au-delà de 500 000 $; ce calculateur utilise le barème de base ailleurs.
- La base d’évaluation municipale. Utilise le prix que vous saisissez, mais la taxe se calcule sur le plus élevé du prix, de l’acte ou de l’évaluation municipale.
- Les programmes d’aide à l’achat. Le programme de Montréal est une aide distincte, pas un rabais sur la taxe de bienvenue — non calculé ici.
Questions fréquentes
Pourquoi appelle-t-on ça la « taxe de bienvenue » ?
À cause de Jean Bienvenue, le ministre qui a fait adopter la loi sur les droits de mutation dans les années 1970. Le surnom est resté. Ça n’a rien à voir avec un accueil ou un cadeau — c’est tout simplement un nom de famille.
Est-ce que je paie la taxe de bienvenue chez le notaire ?
Non. Contrairement à votre mise de fonds et à vos frais de notaire, la taxe de bienvenue n’est pas payée à la signature. La municipalité vous envoie une facture distincte, en général 3 à 6 mois après l’achat, payable dans les 30 jours suivant son envoi. Mettez l’argent de côté à l’avance.
Puis-je financer la taxe de bienvenue dans mon hypothèque ?
Non. Comme elle arrive des mois après la transaction, elle ne peut pas être intégrée à votre prêt hypothécaire. Il faut prévoir ce montant comptant, séparément de votre mise de fonds.
Sur quel montant la taxe est-elle calculée ?
Sur le plus élevé de trois montants : le prix de vente convenu, le montant inscrit dans l’acte notarié, ou la valeur de l’évaluation municipale multipliée par le facteur comparatif de l’année. Habituellement, c’est le prix d’achat — mais si l’évaluation municipale est plus haute, c’est elle qui compte.
Y a-t-il un remboursement pour premier acheteur, comme en Ontario ?
Oui, depuis peu. La taxe de bienvenue elle-même ne s’efface pas toute seule, mais le Québec a instauré — rétroactivement au 1er janvier 2026 — un crédit d’impôt remboursable pour l’accès à la propriété qui rembourse une partie des droits de mutation payés sur une première habitation de moins de 1 000 000 $ : 100 % des premiers 5 000 $ de droits, plus 25 % de l’excédent, jusqu’à un maximum de 5 875 $. Il faut généralement ne pas avoir été propriétaire depuis quatre ans. C’est un crédit réclamé par l’entremise de Revenu Québec (un versement anticipé devient possible dès octobre 2026), et non un rabais appliqué sur la facture — alors le montant affiché par ce calculateur reste celui que votre municipalité vous facturera, mais une bonne partie peut vous être remboursée ensuite. Montréal offre aussi un programme d’appui à l’acquisition résidentielle distinct. Vérifiez votre admissibilité auprès de Revenu Québec et de votre municipalité.
Pourquoi la facture est-elle plus élevée à Montréal ?
Parce que Montréal a son propre barème, avec des paliers supérieurs qui grimpent plus vite que celui du reste du Québec — notamment un taux de 2,0 % sur la tranche de 552 300 $ à 1 104 700 $, là où une municipalité au barème de base resterait à 1,5 %.
Sources
- Gouvernement du Québec — Droits sur les mutations immobilières — le barème de base 2026, la base de calcul (le plus élevé du prix, de l’acte ou de l’évaluation) et le plafond de 3 % pour les municipalités.
- Ville de Montréal — Comment sont calculés les droits sur les mutations immobilières — le barème montréalais 2026, l’exemple de 9 349 $ pour une propriété de 700 000 $ et les modalités de paiement.
- Gouvernement du Québec — Aide aux acheteurs d’une première habitation — le crédit d’impôt remboursable pour l’accès à la propriété (jusqu’à 5 875 $).
Cette page est fournie à titre informatif général et ne constitue pas un avis juridique ou financier. Les chiffres sont des estimations en date de juin 2026 et changent avec le temps — confirmez les taux et votre situation avec votre municipalité ou votre notaire.